Vous avez des questions à propos du TDA/H ?

Vous ou votre enfant avez des particularités qui vous font douter de la présence du  TDA/H?

Vous hésitez à consulter?

Vous ou votre enfant avez un diagnostic de TDA/H et vous n’êtes pas certain de la fiabilité de celui-ci?

Vous ne savez quoi penser de la médication?

Soumettez nous vos questions en lien avec notre sujet et nous tacherons d’y répondre au mieux de nos connaissances.

Voici donc les thèmes de notre première capsule vidéo

 

c1t1 g         c1t2 g         c1t3 g

 

 

 

0

11 manières de développer les fonctions exécutives des enfants

Apprendre à éduquer PAR  · PUBLICATION  · MIS À JOUR 

Les fonctions exécutives des enfants : c’est quoi ?

Les fonctions exécutives nous permettent d’agir de façon organisée pour atteindre nos objectifs.

Le Dr Adele Diamond, neuroscientifique, définit les fonctions exécutives comme un ensemble de 5 compétences :

  • la maîtrise de soi 

La capacité à résister aux tentations, à agir consciemment plutôt que par impulsion, à réfléchir avant d’agir ou de parler.

  • l’auto discipline

La capacité à rester concentré sur une tâche du début à la fin, à finir ce qui a été commencé malgré les distractions.

  • la capacité à tenir un raisonnement cohérent

La capacité à conserver une ou plusieurs informations en mémoire, à relier des idées les unes aux autres.

  • la créativité

La capacité à penser hors de la boîte, à envisager de nouvelles manières d’attaquer un problème, à faire preuve de pensée divergente.

  • la flexibilité cognitive

La capacité à accueillir la nouveauté, à faire face à des défis inattendus, à transformer un risque en une chance, à admettre ses propres erreurs.

A quoi servent les fonctions exécutives ?

Les fonctions exécutives sont nécessaires dans tous les aspects de notre vie : à l’école, au travail, en amitié, en amour, au moment de prendre des grandes décisions, pour éviter de dépendre de croyances non vérifiées, pour éviter de se faire manipuler, pour réaliser toutes sortes de tâches avec succès.

enfant caillou

Céline Alvarez, enseignante, regroupe la maîtrise de soi et l’auto discipline sous le terme contrôle inhibiteuret la créativité est incluse dans la flexibilité cognitive. La capacité à tenir un raisonnement cohérent correspond à l’entrainement de la mémoire de travail.

  • Le contrôle inhibiteur permet de ne pas laisser les distractions nous déconcentrer, d’attendre notre tour pour parler ou pour agir, à gérer nos émotions et à faire preuve de persévérance.
  • La flexibilité cognitive permet de ré organiser les idées face à des informations nouvelles, de changer de stratégie si celle qu’on avait en tête ne fonctionne pas et d’identifier nos erreurs.
  • La mémoire de travail permet de garder les consignes en mémoire, d’organiser les idées et de se souvenir du sens des mots qu’on vient de lire

Sans ces 3 compétences clés, toutes les situations d’action ou d’apprentissage seraient rendues difficiles.

Avant même de penser à développer des compétences académiques ou scolaires (comme lire, écrire, compter), c’est l’acquisition et le renforcement des fonctions exécutives qui importent.

Entre 3 et 5 ans, l’être humain développe à grande vitesse ses fonctions exécutives par sa propre activité. – Céline Alvarez (source : Les fonctions exécutives, 3 compétences clés)

La période entre 3 et 5 ans (qui correspond aux années de maternelle en France) apparaît donc critique : c’est à ce moment-là qu’il existe une période opportune pour apprendre à se contrôler, à être attentif et à mémoriser consciemment des informations.

En tant que parents, nous avons un rôle à jouer pour offrir aux enfants les moyens de construire ces compétences à la maison.

Si vous souhaitez que votre enfant réussisse à l’école et dans la vie, aidez-le à développer de bonnes fonctions exécutives. Ces compétences sont vraiment importantes et souvent plus prédictives que le QI – Dr Adele Diamond

C’est pourquoi les fonctions exécutives nous intéressent vraiment : elles permettent aux humains d’atteindre les objectifs qu’ils se donnent dans la vie.

11 manières de développer les fonctions exécutives des enfants

fonction exécutives enfants

1. Favoriser toutes les situations dans lesquelles l’enfant déploie ses 3 besoins fondamentaux :

  • éprouver de la joie (besoin émotionnel)
  • se sentir connecté et membre d’un groupe (besoin social)
  • entretenir ses capacités motrices (besoin physique)

2. Amener l’enfant vers une autonomie de plus en plus maîtrisée

Quand nous laissons l’enfant faire seul (s’habiller seul, faire ses lacets seul, ranger ses affaires seul, se laver seul, se brosser les dents seul…), on l’aide à exercer ses fonctions exécutives.

Il n’y a que lui, par sa propre activité, qui puisse construire son intelligence exécutive. L’adulte ne peut que l’encourager, dès 3 ans, à faire lui-même ce qu’il peut faire lui-même, en l’accompagnant sans faire à sa place, en l’encourageant, puis en s’effaçant progressivement. – Céline Alvarez (source : Les fonctions exécutives, 3 compétences clés)

3. Fixer des objectifs et des défis à l’enfant

L’objectif doit être atteignable (ni trop facile, ni trop dur). Il doit avoir un sens pour l’enfant (aider les autres, exercer son intelligence, répondre à son besoin d’appartenance et d’utilité).

Il doit atteindre un objectif précis et pour cela il doit focaliser son attention, contrôler les gestes ou les émotions inappropriées, planifier ses actions, et rester flexible en cas d’erreur. –  Céline Alvarez (source : Les fonctions exécutives, 3 compétences clés)

Par exemple, cela peut passer par le fait d’aider un plus petit, par le fait d’aider à la cuisine ou à étendre le linge, de prendre soin d’un animal, de faire une action en un temps plus court que la fois précédente (la compétition se fait contre sa meilleure performance)…

Les devinettes sont aussi des bons moyens de poser des défis à l’intelligence de l’enfant.

4. Encourager l’enfant et croire en lui

On pourra lui répéter des phrases pour renforcer sa confiance en lui :

Tu n’as pas échoué tant que tu continues à essayer.

Tu as eu le courage d’essayer et de prendre le risque de te tromper

Etre imparfait ne signifie pas être nul.

La joie n’est pas l’inverse du sérieux : tu peux t’éclater tout en travaillant dur.

Ce qui t’apparaît impossible devient possible quand tu continues à essayer.

Tu peux faire une différence dans ce monde. 

Je crois en toi. 

Tu en es capable : peut-être pas aujourd’hui ni demain… mais d’une manière ou d’une autre, tu vas y arriver.

Je t’aime inconditionnellement parce que tu es toi. 

Je t’aime tel que tu es. 

Tu es une partie essentielle et indispensable d’un tout. 

Tu es unique et spécial. 

C’était dur et cela représentait un vrai défi. Et tu as l’as fait, tu as réussi !

Mets ton coeur dans tout ce que tu fais. 

Ce qu’on fait avec amour et joie réussit toujours.

Ne laisse jamais rien t’arrêter.

Tu es capable de réaliser bien plus que ce que tu crois. 

5. Engager l’enfant dans des activités sportives et/ou artistiques

Le Dr Adele Diamond insiste sur l’importance des activités artistiques ou sportives dans le développement des fonctions exécutives.

Quand ces activités sont menées de la « bonne manière », elle comblent les 3 besoins fondamentaux (joie, connexion, mouvement). Elle fait référence à des activités comme le cirque, la chorale ou l’orchestre, la dansechorégraphiée qui requièrent toutes un fonctionnement d’ensemble et un aspect de création.

Chaque personne est un rouage indispensable du groupe, chaque membre s’encourage en vue d’une réalisation collective, sans compétition mais juste avec le plaisir de partager un bon moment, d’exercer son autonomie, de prendre du plaisir.

6. Jouer

Cela peut passer par des jeux libres ou par des jeux orientéssport pour apprendre activité physique pour apprendre

 

Je vous propose une sélection de jeux qui pourront développer les fonctions exécutives des enfants :

Pippo : un jeu de mémoire, d’observation et de rapidité à partir de 4 ans

SET : un jeu remue-méninge de logique, de mémoire et d’observation à partir de 10 ans

Coup de coeur : LE jeu de logique et de réflexion pour les petits et les grands

Biquette en goguette : un jeu de mémoire et d’observation pour rire et faire travailler le cerveau

Chromino : un jeu de réflexion et d’observation, dès 6 ans

7. Entraîner la capacité de concentration

Le jeu des différences peut être un bon moyen d’apprendre (ou réapprendre pour les plus grands) au cerveau à se concentrer. Les labyrinthes sont également un bon moyen d’exercer leurs fonctions exécutives (voici un livre de labyrinthes que ma fille a particulièrement apprécié).

Je vous propose de compléter avec cet article pour plus d’activités concentration à proposer aux enfants :

9 méthodes pour aider les enfants à se concentrer et à être attentifs

8. Développer la persévérance

Je vous conseille cet article remarquable pour aider votre enfant à faire preuve de persévérance : Les phrases à dire à votre enfant pour qu’il n’abandonne pas.

9. Entraîner l’enfant à exercer ses compétences relationnelles

Cet entrainement se fait dans la vie de tous les jours quand on invite les enfants à régler leurs problèmes sans violence, à s’exprimer dans un langage personnel, à faire preuve d’empathie. La communication est la seule réponse non violente à la violence.

En parallèle, on peut proposer des exercices aux enfants pour développer leur intelligence émotionnelle. Je vous en propose quelques uns :

L’intelligence émotionnelle expliquée aux enfants

3 activités d’éducation émotionnelle pour les enfants de la maternelle au lycée

« L’intelligence du cœur » pour des enfants autonomes, créatifs, altruistes et clairs dans leur tête

10. Fournir un environnement favorable à la créativité

En pédagogie Reggio, on parle de « provocations« . Ces provocations provoquent comme leur nom l’indique :-). Elles provoquent des pensées, des questions, des discussions, des intérêts ou encore des idées.

Les provocations peuvent prendre plusieurs formes :

  • une photo, une image, un livre
  • un objet naturel (une pomme de pin, une fleur séchée…)
  • un concept (le passage d’une saison à une autre, un changement de lumière)
  • du matériel connu disposé de manière inattendue
  • une réponse à un centre d’intérêt de l’enfant
  • un objet (par exemple, une carte, un tournevis…)
  • de nouveaux moyens créatifs (des pinceaux plus ou moins gros que d’habitude, des pailles pour peindre en soufflant, un appareil photo, une essoreuse à salade pour peindre…)
  • une question à explorer (par exemple, qu’est-ce que la gravité ?)
  • un événement (le début des vacances, un mariage…)

Les provocations peuvent être présentées de manière très simple (juste une photo ou un objet posés sur une table) ou plus élaborée (par exemple, une table sur laquelle sont posés des matériaux recyclés à côté d’un livre sur les robots et un schéma pour fabriquer un robot à partir de matériel recyclé). L’important est que les provocations soient présentées de manière attractive, en insistant sur la beauté de la chose.

L’objectif des provocations est d’inviter les enfants à explorer le matériel et à s’exprimer. Elles doivent être ouvertes, sans objectif particulier mais sujette à exploration, à une utilisation libre. Dans l’exemple du robot, on laissera l’enfant s’approprier les matériaux : peut-être qu’il construira au final un bateau -).

Voici quelques exemples en photo :

Source : Racheous

Source : Racheous – provocation pour verser, pincer, remplir, enfiler

 

 

Source : racheous

Source : Racheous – provocation pour sentir, toucher, goûter

11. Montrer l’exemple

Un dernier point important à mentionner lorsqu’un parle des fonctions exécutives de l’enfant est de montrer soi-même l’exemple. C’est en observant les adultes autour de lui que l’enfant intègre les compétences en question : quand il est exposé à la maîtrise de soi-même, l’enfant intègre cette notion; quand il est exposé à la persévérance, l’enfant intègre cette notion; quand il est exposé à la créativité et à la flexibilité intellectuelle, l’enfant intègre cette notion; quand il est exposé à l’auto discipline, l’enfant intègre cette notion. Tout cela se fait grâce aux neurones miroir :-).

Maria Montessori écrivait :

Il faut nous éduquer si nous voulons éduquer.

0

La folie des Hand Spinner

Publié le 16 mai 2017 à 20h50

Le hand spinner vraiment efficace?

Pour aider la concentration des jeunes qui ont... (Infographie Le Soleil)

Pour aider la concentration des jeunes qui ont un TDAH, les jouets comme les balles antistress doivent pouvoir être manipulés distraitement, sans demander d’attention particulière, ce qui n’est pas le cas avec les hand spinners.

(Québec) L’affirmation : «Les hand spinners peuvent réconforter et relaxer dans des situations stressantes. Ils peuvent aussi aider à se concentrer durant une réunion ennuyante», lit-on sur le site de la compagnie Addictive Fidget Toys, qui en vend. Un autre vendeur sur Amazon affirme que ses produits ont été «conçus pour combattre le stress, l’anxiété, le TDAH et l’autisme [ainsi que] vous aider à rester concentré!» Notons que ces vertus d’aide à la concentration sont aussi invoquées par bien d’autres, notamment des élèves et des parents qui protestent contre l’interdiction qui a frappé ces gadgets dans plusieurs écoles de la région ces dernières semaines. Mais est-ce que ça marche vraiment?

Les faits

Le principe de base sur lequel prétendent reposer ces «toupies de main» – c’est-à-dire s’occuper les mains pendant un travail intellectuel, que ce soit par une balle de stress, le dessin, etc. – a fait l’objet de quelques études. «Mais pas beaucoup», précise la spécialiste du TDAH de l’Université Laval Nancie Rouleau.

«Ce qu’il faut comprendre à la base de ça, explique-t-elle, c’est qu’on a tous une certaine capacité d’attention, et quand on en a moins à cause d’un TDAH, c’est plus difficile de se concentrer. Alors quand on demande à ces enfants-là d’accomplir une tâche scolaire, ils vont devoir mobiliser une grande partie de leur attention pour rester tranquilles, et il leur en restera moins pour la tâche.»

Quand ils peuvent manipuler un objet, ces enfants ont moins besoin de faire attention à ne pas bouger et sont donc capables de se concentrer davantage. «Il n’y a pas vraiment de travaux scientifiques qui ont prouvé ça de manière très solide, mais je trouve que cela a une certaine validité clinique», dit-elle.

Les quelques études qui se sont penchées sur cette question ont en commun d’être de faible qualité, notamment parce qu’elles portent sur de très petits groupes, habituellement atour de 40 personnes. Et la règle générale est que le fait de canaliser l’agitation sur un objet semble aider uniquement les enfants qui ont des problèmes d’attention. Par exemple, une étude parue en 2015 dans le Journal of Abnormal Child Psychology a trouvé que les enfants atteints de TDAH performaient environ 15 % mieux dans des tâches de «mémoire de travail» quand ils bougeaient plus, mais que c’était l’inverse (environ -10 %) pour les enfants qui n’avaient pas de déficit d’attention.

La popularité de ces «toupies de main» a... (AFP, Philippe Lopez) - image 2.0

Agrandir

La popularité de ces «toupies de main» a explosé dans les écoles ces dernières semaines.

AFP, PHILIPPE LOPEZ

Toupies jamais testées

Maintenant, si le principe général semble avéré pour le TDAH, est-ce qu’il peut s’appliquer aux hand spinners qui causent tant d’émoi dans les écoles? En fait, ces «toupies» n’ont jamais été testées scientifiquement puisque, bien que leur invention remonte aux années 90, elles n’ont généré à peu près aucun intérêt jusqu’à il y a quelques mois à peine. Mais pour en avoir essayé au cours des derniers jours, Mme Rouleau doute fort que cela fonctionne.

Pour aider la concentration, les jouets comme les balles antistress doivent pouvoir être manipulés distraitement, sans demander d’attention particulière. Mais «ce n’est pas ce que j’ai vu avec le spinner, témoigne Mme Rouleau. Il faut vraiment le tenir entre ses doigts. Le plaisir vient de le regarder tourner. À la limite, pour l’anxiété, je pourrais comprendre, puisque ça fixe l’attention sur quelque chose. […] Je ne dis pas que c’est nuisible, mais je suis mal à l’aise avec la publicité qu’on fait en disant aux parents que ça aide la concentration des enfants.»

Il existe de bien meilleures façons, bien mieux démontrées, d’améliorer la capacité d’attention des enfants, dit Mme Rouleau, notamment par la méditation – sur laquelle elle mène d’ailleurs des travaux de recherche. «Il y a beaucoup de preuves scientifiques sérieuses derrière ça. […] Mais ça demande un effort de la part de l’enfant et des parents, et ce n’est pas toujours agréable.»

Verdict

Au mieux, on peut dire que ce n’est «pas prouvé». Au pire, c’est «probablement faux». Le principe d’aider la concentration en manipulant un jouet semble valable pour les enfants atteints de TDAH, mais pas pour les autres (donc la grande majorité). Et il est très loin d’être acquis que ce principe s’applique vraiment aux spinners.

Et vous quand pensez-vous?

L’avez-vous testé?

De quelle façon?

Dans quel contexte peut-il être utile?

Nous attendons vos commentaires

0

Éduquer sans punir

TDAH Mauricie Centre du Québec utilise cet article que vous pouvez trouver en cliquant ici.

Toutes les études le démontrent, les punitions (comme toutes les autres formes de violence) sont inefficaces sur le long terme et causent des dégâts psychologiques chez l’enfant (et le futur adulte) en plus de dégrader ses compétences sociales. Il existe des options  bienveillantes pour parvenir à modifier le comportement des enfants avec des effets pérennes et une augmentation conséquente de leur autonomie.

En voici  7 issues du livre « Eduquer sans punir » de Dr Thomas Gordon.

7 alternatives aux punitions

  1. DÉCOUVRIR LE BESOIN DE L’ENFANT

    Les comportements « inacceptables » du point de vue des parents sont en réalité des tentatives de satisfaction de ses besoins pour un enfant. C’est donc sur ce besoin qu’il est essentiel de concentrer notre réflexion et nos actions. La punition s’attaque aux conséquences (le comportement désapprouvé) mais non à la cause (le déclencheur de ce comportement). Cette recherche du besoin, plus difficile dans les premières années, est facilitée avec l’apprentissage du langage car il « suffit » alors d’écouter avec empathie et de questionner pour comprendre.

  2. FAIRE UN ÉCHANGE

    Si un enfant s’amuse avec un objet fragile, plutôt que de stopper son geste, de retirer brutalement l’objet, de crier et de s’exposer par là-meme à une tempête émotionnelle contagieuse, substituez calmement l’objet du jeu à un autre acceptable. Ainsi, l’enfant pourra continuer à se divertir.

  3. MODIFIER L’ENVIRONNEMENT

    Si vous répétez souvent les mêmes messages/interdits à votre enfant relatifs à des éléments de l’environnement, c’est qu’il est peut-être temps de se faciliter la tâche en modifiant l’environnement même.
    Si vous ne souhaitez pas qu’il touche à la télécommande, mettez-la hors de portée et disposez des sources d’exploration et de jeu au niveau de l’enfant. De la même manière, il est intéressant de délimiter une surface de jeu sécure (avec des gros coussins par exemple). Dans la même logique, si le coucher est compliqué, créez un environnement calme et apaisant : lumière douce, musique apaisante en sourdine, un livre de conte prêt à être lu, un rituel de gratitude, etc. La TV, les tablettes et autres activités excitantes n’ont pas leur place à ce moment-là.
    Idées d’adaptation de l’environnement :
    – utiliser des verres et des tasses en plastique
    – mettre sous clé les médicaments et autres objets dangereux
    – fermer les portes

  4. EMETTRE UN MESSAGE « JE » AU LIEU DE « TU » DE RÉACTION (APRÈS UN COMPORTEMENT)

    Le message « je » est très puissant. Il consiste à remplacer un reproche ou une accusation (sources de stress, de culpabilité et à l’origine de comportements de défense) par un message « je » précédé d’un descriptif de ce que nous voyons (sans porter aucun jugement).
    « Quand le volume de la télévision est trop élevé, je ne peux parler à papa. » Ainsi, l’enfant comprend que son aide est requise et l’adulte prend la responsabilité du problème tout en exprimant son propre ressenti.
    Les inconvénients de message « tu » : quand on dit par exemple « tu m’énerves », « tu me rends fou/folle », « tu m’as donné mal à la tête avec tes bêtises » :
    – on néglige/ignore les besoins d’autrui
    – on fait naitre la culpabilité et on blesse
    – on suscite l’envie de riposter sur le même ton et avec la même méthode d’avilissement
    – on déclenche des oppositions, des insultes et des disputes avec leur lot d’émotions désagréables
    – on affaiblit le lien affectif et on génère de l’insécurité

  5. EMETTRE UN MESSAGE « JE » AU LIEU DE « TU » DE PRÉVENTION (AVANT UN COMPORTEMENT)

    L’expression avec un message « je » responsabilise et développe l’autonomie de l’enfant. Il est encore plus efficace AVANT qu’un comportement ne se produise. En effet, cela permet à l’enfant de visualiser une situation future et de réfléchir aux solutions « acceptables ». Il s’agit tout simplement d’une demande appuyée par une expression émotionnelle.
    « J’aimerais que tu me préviennes lorsque tu ne prévois pas de rentrer tout de suite après l’école. Je me sentirai plus sereine. »
    Cette anticipation peut aussi prendre la forme de règles établies en collaboration avec l’enfant et affichées pour pouvoir s’y référer. L’enfant participe à l’élaboration et est donc plus engagé ainsi.

  6. ECOUTER L’ENFANT ET FACILITER LA VERBALISATION ÉMOTIONNELLE

    Avant de parler, écoutons et montrons une attitude empathique pour permettre aux émotions excessives (qui bloquent les capacités de raisonnement) d’être libérées. Ecoutons donc et reformulons ce que nous entendons. Vous trouverez un exemple dans cet article sur l’écoute active.

  7. PROPOSER DES CHOIX ET CONVENIR D’UNE SOLUTION QUI SATISFAIT TOUT LE MONDE

    Afin de guider l’enfant vers une solution acceptable, proposez-lui des choix ou des solutions.

 

POUR RÉSUMER :

Mes préférences dans ces options vont vers le message « je », l’adaptation de l’environnement, l’établissement de règles et la proposition de choix. C’est ainsi que je pratique principalement en intégrant l’humour, le jeu et une bonne dose de communication non-verbale. Parmi les besoins évoqués dans l’option 1, retenons : le besoin d’amour, d’attention, de se sentir utile, d’être en sécurité, de bouger, d’exprimer ses émotions, … Au fond, ce sont des besoins qui nous animent tous (en plus des besoins physiologiques de base).

Il est aussi important de prendre conscience que la violence éducative se transmet et laisse des blessures profondes qui conditionnent la vie. Ce n’est pas en écrasant une fleur qu’on l’aide à grandir, au contraire. Cela ne la rendra pas plus résistance ni résiliente. C’est d’eau, de soleil et de soins qu’elle a besoin pour grandir et exprimer toute sa beauté.

0

Être TDAH et avoir du succès

Article tiré du site http://www.savanah-tdah.com 

Quand TDAH rime avec succès : Mélanie Maynard en témoigne! 

Témoignage de Mélanie Maynard, comédienne et animatrice.

CLIQUEZ ici pour voir l’article original !

Dans mon texte Hymne à la différence, je vous explique comment je vois la différence. Pour moi, elle est ce qui fait de chacun de nous une personne unique et spéciale. Le TDAH est l’une de ces différences, avec des caractéristiques qui font partie de la personne, de ce qu’elle est, avec ses défis à relever et ses forces à exploiter.
J’ai toujours voulu aider les gens à mieux vivre avec leurs différences et à prendre la place qui leur revient dans la société. Je le fais quotidiennement dans mon travail avec les personnes que je rencontre et avec mes enfants; je les aide à mieux se connaître et se comprendre, à s’aimer, s’organiser, gérer leurs émotions, et ainsi de suite. Mais je veux faire encore plus…
Je souhaite inspirer les gens touchés de près ou de loin par le TDAH. Je désire alimenter leur espoir d’un futur prospère, d’un avenir accompli. Et, quoi de mieux pour parvenir à mes fins que d’offrir le témoignage de personnes qui ont réussi dans la vie, tout en portant en eux cette différence qu’est le TDAH?!
Un soir, alors que je regardais l’émission Recettes pompettes dans laquelle Mélanie Maynard était l’invitée, Éric Salvail a sous-entendu qu’elle aurait un TDAH. Je l’ai trouvée tellement drôle et charmante! À la fin de l’émission, je me suis dit « OMG! Je dois absolument obtenir son témoignage! Ce serait trop hot! » (Oui, oui, je me parle souvent en ado dans ma tête!). Bref, tout ça pour dire que j’ai communiqué avec elle et, rapidement, j’ai obtenu son consentement et elle a eu la gentillesse de m’offrir son témoignage, que voici.

 

1-    Mélanie, comment as-tu su que tu avais un TDAH? 
Il y a à peu près 7 ou 8 ans. J’étais tombée sur un article dans une revue où une femme adulte expliquait avoir découvert qu’elle souffrait d’un TDA. Elle décrivait ses comportements et je trouvais qu’elle semblait parler de moi; très créative, coupait souvent la parole en réunion, avait du mal à se concentrer pour écouter les autres, changeait d’idées toutes les 3 minutes, et perdait facilement le fil de son propre discours lorsqu’elle prenait la parole. Les retards fréquents aussi, le manque de gestion du temps. C’était moi tout craché. À l’époque, je travaillais sur une quotidienne avec une personne très méthodique et organisée; c’est certain que mon flou artistique et sa structure subissaient quelques confrontations. Comme ce n’était pas la mode de voir ce diagnostic chez l’adulte, il a fallu que j’attende quelques années plus tard pour m’en assurer. Quand le médecin a fait passer un test à ma fille pour voir si elle l’avait, au-dessus de son épaule, je répondais par l’affirmative à, ou à peu près, toutes les questions du test.
2-    Quels défis le TDAH met-il sur ton chemin? 
Sans contredit l’organisation. Autant dans ma vie privée que professionnelle. Autant avec les objets qu’avec mes idées. Je dois vraiment me concentrer très fort pour retenir les informations qu’on me transmet et pour ne pas laisser mon hamster sortir de sa cage. Parfois, lorsque j’animais des émissions, je posais une question et, en écoutant la réponse de l’invité, je me perdais sur un détail qu’il avait dit. J’avais alors un mal fou à retomber sur mes pattes et, plus je cherchais dans ma tête, plus je paniquais. C’est comme ça, je crois, que l’improvisation et la spontanéité sont devenues mes meilleures alliées.

 

3-    Comment parviens-tu à relever ces défis? 
Je m’en suis sortie à coup d’humour et d’improvisation. Mais ça prenait beaucoup de patience de mes proches, qui ont maintes fois pallié mes manques. Je dis souvent à la blague que mes enfants se sont élevés tout seuls! Si ce n’est pas vrai, ils m’ont beaucoup aidée. Ma fille, notamment, a compris tôt dans sa vie que si elle ne me mettait pas un peu de pression, elle était condamnée à toujours arriver en retard à l’école. Mon entourage sait aussi qu’on doit me répéter souvent les informations si on veut s’assurer qu’elles se rendent jusqu’à moi. Comme à peu près tout le monde, j’ai longtemps résisté à la médication. Puis, il y a 3 ans, j’ai eu plusieurs contrats à réaliser qui me demandaient une grande concentration. Ça a été un peu long avant que je trouve le bon dosage et la bonne molécule, mais maintenant que j’ai trouvé, ça fait vraiment toute une différence dans ma vie. Comme le titre du livre d’Annick Vincent, mon cerveau avait vraiment besoin de lunettes. On ne peut trouver meilleure image pour le TDA.

 

4-    Quelles forces et caractéristiques du TDAH ont contribué à ton succès ? Et comment? 
Quand je regarde derrière, je me dis que j’ai perdu de précieuses années avant de reconnaître que j’en étais atteinte. J’avais réussi à l’école grâce à ma créativité, mais je n’ai retenu à peu près rien parce que j’étais totalement incapable de m’y concentrer. Mon estime de moi était assez faible parce que je me comparais à des gens qui comprenaient très rapidement, alors que moi je me perdais dans les méandres de mon cerveau. Toutes les matières qui faisaient appel à la logique étaient des cas désespérés pour moi. J’accrochais sur des détails et ça me prenait un temps fou avant de saisir l’ensemble du problème. Au primaire, par exemple avec les soustractions, ça m’a pris une éternité à comprendre la notion « d’emprunter chez le voisin ». Je trouvais injuste qu’on vole au plus gros chiffre!

Au cours de ma vie, j’ai dû apprendre à improviser, à être « vite » dans certains domaines pour compenser les autres où j’étais si lente. Mes « connexions étranges » m’ont permis de me démarquer au niveau de ma carrière. Comme les infos sont analysées de façon un peu différente dans ma tête, ça m’a donné un petit plus. Plus créative, plus spontanée. Et, comme mon estime était faible, j’ai rapidement développé le sens de l’humour pour me faire aimer et accepter. Encore, aujourd’hui, certains m’appellent affectueusement (je l’espère) « la bulle », à cause de mon petit côté un peu perdu. Mais, maintenant que je suis diagnostiquée et médicamentée, je suis capable de la contrôler!
Je remercie Mélanie Maynard du fond du cœur pour sa générosité et son précieux témoignage. Si certaines ou certains d’entre vous se reconnaissent dans cette différence, sachez que le TDAH peut aussi devenir un plus pour vous.

Rédaction : Mélanie Touzin, intervenante psychosociale

0

TDAH et hérédité?

C’est la saison des récoltes, les vergers accueillent les petites familles qui repartent avec de gros sacs bien pleins de fruits mûrs, la rentrée scolaire est déjà dernière nous. On a déjà une bonne idée de ce qui nous attend du côté de l’école, si ça va bien ou pas avec nos enfants.

Présentement, ce n’est pas facile pour mon plus jeune. Pour ma grande aussi. Ils ont plusieurs défis à différents niveaux. Depuis quelques années, les diagnostics de mes enfants se multiplient: dyspraxie verbale et motrice, épilepsie, dysphasie, trouble de modulation sensorielle, défenses sensorielles, opposition, TDA, TDAH, impulsivité, etc.

Ce billet, je ne pensais pas l’écrire ici et surtout pas aussi rapidement… Cette semaine, c’est la semaine de la sensibilisation au TDAH, c’était donc un très bon moment pour faire mon «coming out»!

 

Quoi? Toi ? Julie?

«Mais, tu as toujours eu de super bonnes notes à l’école!»
«Tu n’avais pas de problème de comportement!»
«Tu n’étais pas toujours en train de grimper sur les bureaux ou encore dans la lune, non?»

 

Oui, moi!

Oui, je performais! Non, je n’étais pas vraiment tannante! J’étais appliquée dans mes travaux scolaires,

Mais, j’étais aussi toujours à m’embarquer dans mille projets, agitée, en train de gribouiller ou de manipuler tout ce qui me tombait sur la main, concentrée sur ma passion de l’heure oubliant tout ce qui m’ennuyait.

Alors oui, j’ai un trouble déficitaire de l’attention avec probablement quelques troubles associés. Pourquoi en parler? Pourquoi vous partager cette nouvelle?

Parce que j’ai toujours vécu avec un sentiment d’échec, même avec de la bonne volonté et mille trucs, j’avais beaucoup de difficulté à payer mes factures à temps, à ne pas égarer formulaires, questionnaires et tout ce qui touche la paperasse.

J’ai été traitée pour des dépressions et de l’anxiété, j’ai pris plusieurs médicaments (avec autant d’effets secondaires désagréables), j’ai douté, j’ai vu noir, j’étais découragée, j’ai compulsé en dépensant beaucoup trop d’argent et d’énergie en de nouvelles passions, etc.

 

Si j’avais su avant, j’aurais frappé aux bonnes portes pour me faire évaluer, j’aurais été bonne pour moi et j’aurais moins souffert. Je me serais peut-être reconnue en lisant un billet comme celui-ci et j’aurais compris enfin qui je suis .

J’ai appris mon diagnostic quelques jours avant le décès de mon père, j’ai commencé une médication le jour de son décès, ça ne fait pas encore 3 mois, je ne suis qu’au début de long processus, mais déjà, je vois et je constate des petites différences.

 

Il est vrai que ma vie est compliquée, j’avais un père malade, j’ai des enfants ayant plusieurs thérapies et rv par semaine plus le métro-boulot-dodo, ça engendre beaucoup de stress et de fatigue. Assez pour expliquer certains oublis et maladresses, mais il n’y avait pas juste ça…

La médication ne règle pas tout, mais elle fait une énorme différence. Avec un coffre à outils bien remplis de trucs, d’adaptations et d’informations, nous sommes plus en mesure de relever nos nombreux défis.

 

Pour ma part, je suis toujours aussi créative, impulsive et allumée par plusieurs projets, mais j’arrive aussi à terminer ce que je commence, à être mieux organisée et à ne plus remettre mes contrats en retard.

La gestion de la paperasse restera toujours un grand défi pour moi, mais le sachant et surtout le comprenant, c’est déjà plus facile. Moi qui avais toujours la larme à l’oeil, je suis moins émotive et je contrôle mieux mes coups de tête!

 

Maintenant, si à mon tour, je pouvais aider d’autres adultes à éviter toute cette douleur, toute cette estime de soi à reconstruire, toutes ces pertes d’énergie, d’argent, d’emplois, d’amis, etc. ça mettrait un baume sur mon coeur blessé.

Souvent, c’est quand les femmes deviennent mères qu’il y a une coupure. Habituées de compenser, de tout prévoir, elles se retrouvent épuisées confrontées à de nouvelles situations qu’elles ne contrôlent plus et elles tombent malades.

 

Quand on allait aux pommes avec nos parents, il n’y avait souvent que la McIntosh, la Cortland et la Spartan. Maintenant, il existe plus de 20 000 variétés de pommes à travers le monde, ayant toutes leurs saveurs, leurs propriétés, leurs couleurs et leurs formes, toutes bonnes, uniques, différentes et appréciées.

 

Si votre enfant reçoit un diagnostic de TDA ou TDAH, demandez de l’aide, consultez, essayez des trucs, prenez le temps d’y penser, soyez bons pour lui et n’oubliez-vous pas, la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre…

 

À lire: Mon cerveau a encore besoin de lunettes du Dre Annick Vincent

À visiter :

le site internet Panda, une référence pour tout ce qui touche le TDA/TDAH

le site internet: www.attentiondeficit-info.com

:: Suivez-moi sur Facebook  et Twitter

0